Jean-Max Brua

Ce jour est chaud comme le vent 
    sur sa joue gauche l'ombre glisse
Et tu cherches des mots pour elle 
    qui sont comme des couleuvres lisses
Défile dans la mémoire 
    l'aube sur le Jardin des Plantes
Et le choc des poubelles 
    au bout de la rue les hommes ont froid
Les singes nus crient des choses de jungle
    au vieux singe à cul bleu assis dans l'arbre de ciment

Elle se penche comme le jour 
    où elle t'est revenue de Londres
Ma douce au creux des yeux 
    mon algue lente mon retour
Elle se penche sur l'amour 
    les seins dans l'ombre des cheveux
Le premier train démarre 
    au bout de la rue le jour est gris
Et tu joues ton amour fragile 
    et tu as peur tu peux la perdre et tu écoutes grincer le jour

Et tu veux qu'elle t'appelle
    et qu'elle se penche comme ça toujours
Mon ventre chaud ma belle 
    mon refuge mon amour
Il fait un jour d'automne
    et tu voudrais vivre sans haine
Éclatent les radios connes
    et leurs vomissures rengaines
Elle se lève elle a froid ça sent la rue le jour est gris
Tu n'oublies pas
Tu n'oublies pas.

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L’Aube sur le Jardin des Plantes

Jean-Max Brua
(1976)


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