Christofle de Beaujeu 

 
   

Le soir, au son bruyant des cloches étourdies,
Qui de leurs premiers cris font émouvoir les Cieux,
Les Esprits, à leur son, de leurs yeux ennuyeux,
Descendent à milliers aux tombes engourdies.
 
Les uns sont morts d’amour, de chaudes maladies,
Les autres aux combats par le fer furieux,
Mais de tous les démons qui visitent leurs yeux,
J’ai pitié seulement des cousines jolies.
 
L’une a aimé Ronsard, et l’autre aima Jodelle,
La plus jeune m’aimait, et m’a été fidèle.
Nos esprits occupés ne les vont jamais voir.
 
Ronsard est dans le Ciel qui n’en saurait descendre,
Jodelle est aux enfers, que Pluton ne veut rendre,
Moi vivant, je ne puis non plus ce bien avoir.

 

   

Le soir, au son bruyant des cloches estourdies,
Qui de leurs premiers cris font émouvoir les Cieux,
Les esprits, à leur son, de leurs oz ennuyeux,
Descendent à milliers aux tombes engourdies :
 
Les uns sont morts d’amour, de chaudes maladies,
Les autres aux combats par le fer furieux,
Mais de tous les demons qui visitent leurs yeux,
J’ay pitié seulement des cousines jolies :
 
L’une a aimé Ronsard, et l’autre aima Jodelle,
La plus jeune m’aimoit, et m’a esté fidelle.
Noz esprits occupez ne les vont jamais voir.
 
Ronsard est dans le Ciel qui n’en sçauroit descendre,
Jodelle est aux enfers, que Pluton ne veut rendre,
Moy vivant, je ne puis non plus ce bien avoir.