Jean de La Ceppède 

 
   

Voici l’homme, ô mes yeux, quel objet déplorable !
La honte, le veiller, la faute d’aliment,
Les douleurs, et le sang perdu si largement
L’ont bien tant déformé qu’il n’est plus désirable.
 
Ces cheveux (l’ornement de son chef vénérable)
Sanglantés, hérissés, par ce couronnement,
Embrouillés dans ces joncs, servent indignement
À son test ulcéré d’une haie exécrable.
 
Ces yeux (tantôt si beaux) rebattus, renfoncés,
Resalis, sont, hélas ! deux soleils éclipsés,
Le corail de sa bouche est ores jaune pâle.
 
Les roses et les lys de son teint sont flétris :
Le reste de son corps est de couleur d’opale,
Tant de la tête aux pieds ses membres sont meurtris.

 

   

Voicy l’homme, ô mes yeux, quel object déplorable !
La honte, le veiller, la faute d’aliment,
Les douleurs, et le sang perdu si largement
L’ont bien tant déformé qu’il n’est plus désirable.
 
Ces cheveux (l’ornement de son chef vénérable)
Sanglantez, herissez, par ce couronnement,
Embrouillez dans ces joncs, servent indignement
A son test ulcéré d’une haye execrable.
 
Ces yeux (tantost si beaux) rebatus, r’enfoncez,
Ressalis, sont hélas ! deux soleils eclipsez,
Le coral de sa bouche est ores jaune-pasle.
 
Les roses, et les lys de son teint sont flétris ;
Le reste de son corps est de couleur d’opale,
Tant de la teste aux pieds ses membres sont meurtris.