Le vain travail de voir divers pays
Apporte estime à qui vagabond erre,
Combien qu’il perde à changer ciel, et terre,
Ses meilleurs jours du temps larron trahis :
Ce temps perdu peut aux plus ébahis
Gagner encor son mérite, et acquerre
Son loyer dû, que mieux peuvent conquerre
Veille, et labeur d’oisiveté haïs.
Ainsi errant dessous ce cours Solaire
Tardif je tâche inutile à te plaire
Ne mendiant de toi autre faveur.
Ainsi le Lys jà flétri refleuronne,
Et le Figuier rejette sur l’Automne
Son second fruit, mais vert, et sans saveur.